Bilan mi SVE

Les difficultés que j’ai rencontrées

Les premiers mois, je me suis surtout sentie comme une observatrice plutôt passive. Ce n’est pas dans mon tempérament de jouer les assistances et je souhaitais devenir plus active. Le problème c’est que les activités au centre étaient bien rodées et je ne voulais pas non plus en faire trop ou que les volontaires locaux pensent que je venais pour tout changer. J’ai fini par me réunir avec les deux autres filles de mon projet, qui pensaient comme moi, pour discuter de notre travail et de la façon dont on pouvait plus s’impliquer au centre. Après tout, si ils prennent des EVS, c’est bien pour qu’on apporte une plus value. On a ensuite présenté notre rapport à notre coordinateur puis on a eu des réunions avec les volontaires locaux afin de discuter de quelques changements tout en leur expliquant qu’on appréciait leur travail. Il a parfois fallu faire des compromis comme par exemple pour l’activité cuisine. On s’est accordé sur le fait qu’une fois sur deux, un EVS dirigerait l’activité. Quant à l’organisation, quand ce serait au tour des EVS, on gérerait à notre façon et quand ce serait le tour des locaux, elles feraient à la leur. Au final, après mon passage, on a pu constater que les locaux s’inspiraient de notre organisation (plus efficace, qui permet de respecter le créneau horaire et de faire participer tous les enfants).

Une autre difficulté était bien sûr la communication. Notre coordinateur parle anglais mais n’est pas toujours disponible tandis qu’à l’exception d’une volontaire locale qui se débrouille un peu en anglais, les autres ne le parlent quasiment pas. De mon côté, au début, j’avais du mal à m’exprimer en slovaque malgré les cours hebdomadaires qu’on a. Au fils des mois, j’ai acquis un peu de vocabulaire ce qui facilitent nos rapports. De même, on se connaît mieux désormais et on trouve toujours un moyen de se faire comprendre (google translate, pieds et main, mettre en scène ce qu’on veut faire plutôt que de l’expliquer avec des phrases …).

Ce que j’ai appris

J’ai appris à vivre en colocation ! C’était une de mes plus grandes craintes avant de débuter. J’ai toujours vécu soit chez mes parents, soit en cité universitaire mais seule. J’ai besoin de mon espace personnel. Le premier mois, on a vécu à quatre filles dans l’appart (les gars dans un autre). On était trois filles de la nouvelle génération et une ancienne Pour accéder à ma chambre, je devais toujours passer par le salon où dormait une autre EVS et deux autres se partageaient la troisième. Les gars venaient dîner le soir à l’appart. On était donc vite à l’étroit et pas du tout organisé niveau tâches ménagères. En octobre, quand le sixième EVS de notre génération est arrivé, on a pu établir un planning cuisine pour le dîner (un de nous cuisine chaque soir et un autre fait la vaisselle). On a également pu avoir un salon, plus convivial que la cuisine pour passer nos soirées et rapidement mis un place un planning pour le ménage. La colocation n’est toujours pas 100% parfaite, on a chacun nos personnalités et nos habitudes mais c’est vivable.

J’ai appris à travailler en équipe même si ça reste encore un gros défi pour moi. D’autant plus que mes collègues sont mes colocs et quasiment les seules personnes que je côtois à Jelsava.

Je pense avoir une ouverture d’esprit encore plus grande grâce à mon EVS. Auparavant, je vivais dans des familles au pair assez aisées ou de classe moyenne dans des pays plutôt similaires à la France tandis qu’ici je suis plutôt confrontée à la misère sociale.

Enfin, j’ai découvert la culture Rom et slovaque et redécouvert une passion pour la pâtisserie. Faire la cuisine m’a entre autre permis de survivre à ce long hiver !

Ma vie d’EVS 

Ce que j’aime dans mon EVS c’est sa diversité. En plus de m’occuper des enfants Roms l’après-midi au centre, je suis assistante en allemand dans un lycée et j’aide deux troupes de théâtre de l’école primaire en anglais.

Je m’occupe principalement d’enfants Roms et ça me fait un peu de mal de voir la situation dans laquelle ils vivent. Je ne suis pas sûre que mon travail changera grand chose à leur futur,ce qui me fait me sentir un peu impuissante. Je suis consciente que le but de mon EVS n’est pas de changer leur vie mais je me dis parfois qu’on pourrait faire plus que les divertir. Lorsqu’on a fait la semaine des 5 sens, j’ai pu constater qu’on leur faisait découvrir de nouvelles choses. Certains n’avaient jamais eu les yeux bandés ou n’avaient jamais fait travailler leurs sens individuellement. Je pense que je leur apporte certainement plus que je ne crois mais c’est difficile de s’en rendre compte pour le moment. Je me demande ce que les enfants du centre deviendront dans 5 ans. Je reviendrai peut être les voir pour le découvrir par moi-même !

Ce qui pose problème dans la méthode éducative des volontaires locaux c’est principalement l’absence d’organisation et parfois de logique dans leur façon de fonctionner. On voit la différence avec l’activité “club de discussion entre filles” dirigée par une travailleuse sociale. Toutefois, ils ont tous de l’autorité sur les enfants et ça nous (les EVS) aide beaucoup. C’est plus difficile de se faire respecter quand tu ne maîtrises pas la langue même si ça les calme assez rapidement quand je les gronde en français !

Les EVS sont essentiels à l’association. Tout d’abord parce qu’on lui permet d’obtenir des fonds européens. Ensuite, elle a très peu de salariés. La plupart des membres sont des volontaires locaux qui certes s’engagent et doivent être présents mais leur présence n’est pas toujours fiable. Je ne crois pas qu’ils soient rémunérés. C’est pourquoi, l’association fonctionnerait avec difficultés sans les EVS qui ont une obligation de présence. De plus, je pense que les locaux apportent l’autorité, la connaissance du terrain et des enfants tandis qu’on apporte une vision nouvelle, de la diversité et parfois des connaissances nouvelles (via nos expériences antérieures ou nos études par exemple). 

Mon projet personnel

Mon projet personnel est plutôt un projet de groupe. En février, lors des vacances scolaires, nous avons organisé “La semaine des 5 sens” le matin en plus des activités normales. On avait parlé de cette idée des semaines plus tôt mais rien de concret. Comme je l’ai dit, le travail en équipe pose problème. Il a fallu que je secoue les troupes le WE précédent et que je dirige la plupart des activités car trois sont partis en vacances et deux ont été malades.

Nous avons préparé des activités autour d’un sens par jour sauf pour l’odorat et le goût qu’on a associé pour des raisons pratiques. Nous disposions d’une heure trente et ne sachions pas quels enfants seraient présents (les enfants étant libres de venir ou non au centre quand ils le veulent). On avait prévu 3-4 activités par sens mais c’était assez compliqué de savoir combien de temps elles allaient durer et si elles étaient adaptées aux enfants qui se présenteraient (généralement les enfants qui viennent au centre ont entre 4 et 12 ans).

Les enfants ont eu l’air d’apprécier les activités. On a été étonnés de constater que certains ne savaient pas écrire correctement les aliments vu leur âge ou ne comprenaient pas comment se diriger ou diriger quelqu’un d’autre dans l’espace les yeux bandés. En revanche, ils nous ont surpris à reconnaître très facilement différents sons et instruments de musique qu’on leur a fait écouter.

A l’avenir, j’aimerais leur faire découvrir nos différents pays car je pense qu’on est aussi là pour partager nos cultures et leur ouvrir les yeux sur la diversité du monde que les entoure. J’ai déjà eu l’occasion de présenter la France et la langue française devant des classes d’anglais et d’allemand. Pour faire de même au centre, je dois trouver un moyen ludique et une façon de contourner la barrière de la langue.

Ma vie en Slovaquie

J’ai vécu plusieurs fois à l’étranger depuis ma majorité (Italie, Grèce, Allemagne, Autriche) et voyagé dans de nombreux pays européens alors mon installation en Slovaque n’a posé aucun problème. Je trouve facilement de quoi me divertir, comment me déplacer, la nourriture qui me plaît … Je n’ai pas le mal du pays même si ça fait toujours plaisir de recevoir un colis avec des produits bretons (merci la famille ;)).

Les connexions en bus ne sont pas toujours optimales mais on arrive quand même à explorer le pays. Jusqu’à maintenant, à part une rando dans les Pyrénées avec des amis l’été dernier, je faisais surtout des citytrips or en Slovaquie, les villes sont assez petites et je me suis vite rendue compte que je préférais la nature slovaque. 

A l’avenir … 

Bien que j’apprécie mon EVS, je ne pense pas poursuivre dans le social. En revanche, je souhaite poursuivre ma vie d’expat car je souhaite découvrir d’autres pays et cultures et je pense toujours que la meilleure façon pour y parvenir est de passer plusieurs mois à l’étranger.

Mes aventures de mars, c’est par ici !

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