Les bénéfices d’un long séjour à l’étranger (mes expériences au pair)

Avant même de passer le BAC, on est déjà censé savoir ce qu’on veut faire de notre vie ! Après le BAC, tout s’enchaîne très vite : les études supérieures, trouver un travail, fonder une famille … La routine métro-boulot-dodo s’installe ainsi bien plus rapidement qu’on ne le pense. Evidemment tout ceci est un bref résumé et ne s’applique pas à tous. Pour ma part, après le lycée, je ne savais pas ce que je voulais faire. J’ai décidément d’aller en fac de droit car ça me semblait être intéressant et assez général. La première année a été dure. De base, le passage lycée-fac est difficile mais je me suis retrouvée avec une charge de travail conséquente, un trajet quotidien long et fatiguant et un enseignement bien trop général qui ne me plaisait pas.

Après le lycée, j’avais songé à faire une pause. C’est fréquent en Allemagne et aux USA de prendre une année sabbatique avant de commencer ses études et d’en profiter pour partir à l’étranger, faire du volontariat ou que sais je ?! Finalement, j’y ai renoncé en me disant que mes études seraient déjà bien assez longues comme ça et que je ne voulais pas perdre de temps ! Selon moi, c’est une erreur de penser que faire une pause après le lycée, prendre son temps pour réfléchir ou tout simplement ne pas avoir envie de faire le pas suivant (vers des études, vers un métier ou peu importe) est une perte de temps !

Ma première année à l’étranger a un peu été le fruit du hasard. Je n’étais pas sûre de vouloir continuer mes études de droit mais j’ai tout de même validé ma première année de licence. Depuis janvier je cherchais un job d’été à l’étranger sans succès et c’est en mai que je suis tombée sur une annonce d’une famille franco-allemande qui cherchait une jeune fille au pair sur Berlin. Jeune fille au pair, késako ? A l’époque, je l’ignorais. Désormais, avec mes 6 séjours au pair, je suis pas loin d’être une experte ! Le hic, c’est qu’ils cherchaient quelqu’un pour un an. J’ai tout de même passé l’entretien skype avec eux (sans trop y croire, je dois l’admettre). Leur réponse fut rapide. J’étais prise ! Sans trop me poser de question, je leur ai dit que j’étais d’accord également. En effet, j’étais pas sûre d’être faite pour le droit et l’Allemagne avait toujours été un pays dans lequel je me sentais bien (nombreux échanges scolaires au collège / lycée dont un de trois mois près de Berlin). J’étais ravie de pouvoir passer plus de temps dans ce pays qui m’attire ainsi que de pratiquer l’allemand mais également de vivre une nouvelle expérience loin de chez moi.

Durant cette année, j’ai eu de nombreuses responsabilités du fait de mon travail quotidien auprès des enfants. Je devais les préparer pour l’école et les y emmener, aider aux devoirs, les occuper jusqu’au retour des parents … Je devais gérer les emplois du temps des enfants et des parents en plus du mien. Cela m’a permis de gagner en confiance en moi car oui, au début tu galères, tu oublies des doudous et j’en passe mais ensuite tu deviens une pro de la gestion et tu te rends compte que tu gères !

J’ai également dû sortir de ma zone de confort et aller à la rencontre des autres. Quand tu es au lycée ou à la fac, tu te retrouves forcément avec des jeunes de ton âge et avec qui tu partages des points communs tandis que les rencontres se font plus rares en dehors de ce contexte. Heureusement, à l’ère du numérique, les choses sont quand même un peu facilitées ! J’ai ainsi trouvé des groupes facebook regroupant des au pairs à Berlin. Il me restait plus qu’à les contacter. Et finalement, le courant passe ou pas. Peu après mon arrivée dans la capitale allemande, j’ai sympathisé avec Amandine, une autre au pair qui avait un peu le même parcours que moi et qui m’a été d’une grande aide pour me faire découvrir la ville et partager ses bons plans. Elle n’était malheureusement à Berlin que pour l’été. Me voilà de retour à la case départ en quête d’un ou d’une nouvelle amie. J’ai ainsi découvert les “Stammtisch”, ces rencontres entre locaux et étrangers qui te permettent de découvrir toutes les semaines un coin différent de la ville et de nouvelles têtes. Je n’arrivais pas tellement à sympathiser plus que le temps d’une soirée. J’ai aussi fini par me trouver une tandem pour améliorer mon allemand et l’aider à améliorer son français. Nadine, ma tandem, m’a ainsi permise d’élargir mon réseau de connaissances en me présentant ses amis. Quand tu es à l’étranger, je pense que c’est bien de se faire des amis parmi les locaux ! J’ai aussi participé à des cours de façon informelle dans un café ce qui m’a permise de rencontrer de nombreux étrangers et j’ai également eu l’occasion de revoir ma correspondante du lycée avec qui j’avais gardé contact. C’est vrai que souvent, une fois qu’on a quitté la France, on a pas envie de se retrouver avec nos compatriotes or c’est tout de même un bon moyen de faire des rencontres car il existe quasiment toujours un réseau d’expats Français. C’est de cette façon que j’ai rencontré Héloïse avec qui j’ai vécu de belles aventures durant mon année berlinoise puis Paul vers la fin de mon séjour. Je ne l’ai pas fait mais on peut également se tourner vers les étudiants Erasmus ! Le tout c’est de vouloir faire un pas vers l’autre et entretenir la relation. Ainsi, grâce aux locaux, j’ai découvert des endroits super sympas, appris plus sur la culture allemande/berlinoise et j’ai pu embarquer mes amis Français dans mes vadrouilles car c’est souvent plus sympa de visiter à plusieurs !

C’était la première fois que je disposais de mon propre budget. En tant qu’au pair, j’étais nourrie, logée et mes frais de transport ainsi que mon assurance maladie étaient payés par la famille. En plus, je touchais 300€ d’argent de poche par mois. Cela me permettait de faire des visites dans Berlin (il y a énormément à faire !) mais aussi de partir explorer l’Allemagne. Avant de partir, j’avais fait un court séjour à Londres avec ma meilleure amie mais je n’étais jamais partie seule en voyage. Certes j’aurais pu partir avec mes amis rencontrés sur place mais bien souvent, nous n’avions pas les mêmes congés. C’est ainsi que je suis partie seule à Dresde, à Hambourg pour la fête portuaire en mai et à Hanovre. J’ai eu quelques mésaventures mais rien de bien méchant (quelques erreurs de débutantes dirons nous). J’ai aimé me balader au rythme de mes pas et sans devoir faire de compromis sur ce que je voulais voir ou faire. J’avais mon guide et mon sac à dos comme seuls compagnons. Comme je ne voulais pas rentrer en France durant cette année afin de vivre une immersion totale, c’est ma famille qui est venue me voir et j’ai également retrouvé ma meilleure amie à Munich pendant les vacances de février. Cela m’a permis de faire découvrir mon pays d’adoption à mes proches. C’était important pour moi de garder contact avec eux. Cependant, c’est pas toujours évident de partager ce qu’on vit à distance. Je pense que le séjour de ma famille et de quelques amis leur ont permis de mieux comprendre mon quotidien.

Je suis rentrée en France un peu déprimée car cette année fut comme une révélation pour moi. J’aime vivre à l’étranger, m’adapter à un nouvel environnement, faire des nouvelles rencontres et découvrir une nouvelle culture. Cette année m’a permis de m’ouvrir l’esprit et d’être encore plus curieuse sur le monde qui m’entoure. J’ai pas trop eu le temps de déprimer car je suis repartie presque directement en Grèce pour l’été. Je voulais y aller depuis longtemps et j’avais un peu d’économie alors je comptais y passer quelques temps comme touriste quand finalement je suis tombée sur une famille grecque qui cherchait une au pair pour deux mois. Ma première expérience ayant été un succès, je n’ai pas hésité à les contacter ! Une nouvelle aventure m’attendait … Après mon année à Berlin, j’ai passé deux étés en Grèce, deux étés en Italie et une année en Autriche. En parallèle, j’ai poursuivi la fac de droit et obtenu mon master 2 en droit comparé en juin 2017.

Au pair a été pour moi le meilleur moyen d’allier travail et voyage. J’ai toujours aimé m’occuper des enfants et quoi de mieux pour découvrir un nouveau pays que de partager le quotidien des locaux ?! J’ai ainsi amélioré mes connaissances linguistiques (anglais, allemand, italien et quelques bases de grec). Vivre dans différentes familles (5 au total) m’a permis d’apprendre à m’adapter à diverses situations et à être flexible. M’occuper d’enfants m’a rendue patiente et a renforcé mes compétences organisationnelles. Vivre à l’étranger m’a ouvert l’esprit et m’a encouragée à aller vers les autres.

BREF, je recommande à tous de partir vivre pendant une longue période à l’étranger … et peut être même, que comme moi, vous y prendrez goût 😉.

Peut être que ma vision des choses aurait été différente si j’étais tombée dans des familles avec qui je ne me serais pas entendue, peut être que j’ai été chanceuse sur ce coup mais il ne faut pas croire que mon quotidien d’au pair était toujours tout rose. Bien sûr, j’ai eu des coups durs, des moments où je ne supportais plus les enfants (ou les parents) … Mais les mauvais moments sont aussi importants que les bons car les deux font avancer au final. Je me suis parfois sentie seule et incomprise. J’aurais peut être dû plus me confier à mes proches mais c’est pas toujours facile avec la distance. Comme on dit c’est en faisant qu’on apprend et le monde est la meilleure école de la vie d’après moi ! Aujourd’hui, je n’ai pas peur de prendre mon sac (et oui, juste un – on devient rapidement minimaliste quand on bouge beaucoup !) et de partir dans un pays où je ne parle pas la langue sans avoir établi un programme précis.

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