Maëlys (Brigitte Sauzay en Allemagne)

Je continue ma série de témoignage par … le mien ! Ici je vais vous présenter le programme d’échange franco-allemand Brigitte Sauzay avec lequel je suis partie 3 mois, d’avril à juillet 2008, en Allemagne alors que j’étais en Seconde.

Je suis partie étudier à Königs-Wusterhausen, dans la région de Brandenbourg. Je vivais dans une famille d’accueil dans une ville voisine et j’allais au lycée de ma correspondante. Ma famille d’accueil était composée de 5 membres, les parents et trois filles. Elle me nourrissait, payait mes transports et me laissait une chambre à disposition et je dois dire que j’ai été très bien accueillie ! 

J’étais en quasi totale immersion car les parents ne parlaient pas français mais j’étais avec 3 autres Français de mon lycée français dont une autre lycéenne dans ma classe alors forcément le français était encore bien présent. De plus, bien que le deal soit de parler allemand lors de mon séjour en Allemagne et français lors du séjour en France de ma corres, nous avons un peu alterné. Toutefois, au lycée, tous mes cours (sauf ceux de langues) étaient en allemand et au quotidien, je devais me débrouiller en allemand également pour le bus, mes achats, demander des renseignements …

Avant de partir, j’avais un bon niveau d’allemand (scolairement parlant !) mais je me suis vite rendue compte qu’il me manquait beaucoup de vocabulaire usuel. J’avais comme devoir de la part de ma professeure d’allemand de noter 10 mots nouveaux tous les jours et croyez moi, les premières semaines, j’en avais facilement 20 par jour ! J’ai énormément progressé en allemand pendant ce séjour et en rentrant, il m’arrivait de parler allemand à mes parents (par exemple pour demander quelque chose à table) sans m’en rendre compte. Je n’ai pas ou peu pratiqué l’allemand pendant l’été et j’ai pu constater que je perdais vite mes acquis. C’est pas nouveau, une langue, ça se pratique sinon on l’oublie ! Heureusement, elle est rapidement revenue avec la reprise des cours et l’arrivée de ma corres en septembre.

Au lycée, nous devions suivre 20h de cours sans compter les 3h de français. Avec mon amie française, nous nous étions arrangées pour commencer plus tard ou finir plus tôt afin de pouvoir profiter de la ville et des alentours. A savoir que nos cours commençait vers 8h et se terminaient en début d’après-midi (gros changement par rapport à nos cours en France qui avaient plutôt lieux de 8h30 à 18h !). En Allemagne, les cours d’histoire et de géographie ainsi que de physique et de chimie sont quatre cours à part entière.

Je me rappelle que j’avais pris le cours de mathématique. Le professeur était très sympa. Il nous fallait du temps pour faire les exercices car il fallait d’abord traduire et comprendre les consignes. En plus, ce n’était pas le programme français de seconde en math mais celui de première. En anglais, notre niveau était tellement bas qu’on a dû aller dans le cours de deux classes inférieures. Certains profs tenaient compte de notre présence et on suivait les cours comme on pouvait mais il n’y avait pas beaucoup d’enjeux car nos notes en Allemagne ne comptaient pas dans notre moyenne française.

Quant aux devoirs français, je recevais quelques cours et contrôles mais mon passage en classe supérieure avait déjà été déterminé avant mon départ (à savoir que mon lycée était centre d’examen et fermait début juin donc j’ai marqué à peine deux mois de cours). Nous avions quand même un journal de bord à tenir régulièrement et il me semble que notre coordinatrice et les professeurs allemands devaient laisser une appréciation.

Pour la petite anecdote, je rajouterai que je connaissais les fermetures d’école pour cause de neige mais pas de chaleur ! J’ai été bien surprise un jour quand on a fini les cours pour cause de “Hitzfrei” (il faisait un peu plus de 30° je crois). J’ai trouvé que le niveau des cours était plus élevé qu’en France, qu’il y avait une barrière moins importante entre les élèves et les professeurs et que l’oral était privilégié en cours mais que les élèves avaient beaucoup de travaux maison à faire.

Ma famille d’accueil m’a faite découvrir les environs, c’est-à-dire la région de Spreewald où j’ai fait de la barque par exemple, Berlin où travaillait la mère ou encore Potsdam et ses châteaux. J’ai également participé à la fête symbole du passage à l’adolescence (Jugendweihe) de la sœur cadette et été à Tropical Island (immense piscine où on se croirait sous les Tropiques) avec eux. J’avais un abonnement pour les transports et un vélo à disposition ce qui me permettait également d’être libre de mes déplacements.

Comme je l’ai dit, il s’agit d’un échange c’est-à-dire qu’ensuite, de septembre à décembre, ma corres est restée chez moi et est venue dans mon lycée. Je crois que pour elle c’était beaucoup plus difficile que mon séjour chez elle car les journées étaient longues, très peu de mes professeurs ne tenaient compte de sa présence, elle était la seule allemande dans ma classe car les autres Français qui étaient partis avec moi avaient choisi une filière différente et personnellement, j’étais bien occupée à préparer mon BAC. Bien que mes parents ne parlent pas allemand et mes sœurs qu’un peu, elle a été très bien accueillie en retour et on lui a aussi fait découvrir notre belle région.

Ce n’était pas mon premier séjour en Allemagne. J’avais déjà passé deux fois une semaine à Saarbrücken mais cet échange n’avait rien à voir. Dans ce cas, j’étais en immersion prolongée. Je ne dirai pas que ça a toujours été facile car j’avais 15 ans et c’était parfois difficile d’être loin de chez moi surtout que j’ai perdu des membres de ma famille pendant mon séjour. Toutefois, après ce séjour, j’ai eu envie de repartir et ce encore plus longtemps. Je pense que c’est notamment grâce à cet échange que j’ai accepté de partir un an comme jeune fille au pair à Berlin trois ans plus tard.

J’ai gardé le contact avec ma corres et je l’ai revu lors de mon séjour au pair et j’ai même été invitée chez eux avec mes parents lors de leur passage à Berlin au moment de Noël. Au fils des années, nos échanges se sont un peu espacés mais c’est avec plaisir que j’ai reçu en décembre dernier un message de la mère m’annonçant que toute la famille (sauf la sœur cadette qui était enceinte et proche de son terme) venait passer une semaine dans ma région en avril. J’aurais évidemment aimé les revoir mais j’étais en Slovaquie à ce moment là. J’ai tout de même organisé leur passage chez mes parents et skypé pendant 2h avec eux. 10 ans après, c’était des belles retrouvailles … même à distance !

De même, j’avais sympathisé avec quelques lycéens allemands dans ma classe et j’ai eu l’occasion de revoir une amie plusieurs fois depuis. Elle m’a rendue visite lorsque j’étais au pair en Autriche et je suis allée passer un week-end chez elle lors de mon marathon à Berlin. C’est pas toujours évident de garder le contact mais j’essaie d’écrire de temps en temps. L’anniversaire ou la bonne année sont de bonnes occasions pour envoyer un petit mot et prendre des nouvelles. 

Je recommande donc fortement de participer à un échange de quelques mois dès le collège/lycée. C’est une expérience très enrichissante ! Le programme Voltaire permet quant à lui un échange de 6 mois.

L’OFAJ, Office Franco Allemand pour la Jeunesse, gère ce programme et offre des bourses (pour les frais de transport). Plus d’infos sur https://www.ofaj.org/programmes-formations/programme-d-echange-brigitte-sauzay.html 

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