Laura (Erasmus en Ecosse)

1/ Peux tu te présenter brièvement ? 

Je m’appelle Laura, j’ai 23 ans et j’ai fait mon échange Erasmus d’une durée de 8 mois il y a 2 ans (2015-2016) dans le cadre de ma L3 en droit à Strasbourg.

2/ Où es tu partie en échange universitaire ? As tu choisi la destination ou était ce le fruit du hasard ? Peux tu nous présenter ta ville d’adoption ?

Je suis partie à Aberdeen en Ecosse. C’est une ville au Nord d’Édimbourg, sur la côte, à peu près à la même latitude que Moscou. Il s’agit d’une ville très grise qui n’a pas forcément énormément d’intérêt pour son centre ville. En revanche, le campus universitaire est absolument magnifique, dans le style vieux château écossais. Il s’agit d’ailleurs de la deuxième plus ancienne Université du Royaume-Uni, datant de 1495. Il y a aussi une bibliothèque splendide, très moderne pour le coup, toute en verre, qui permet de bosser en ayant une vue imprenable sur la plage.

Ce qui est amusant c’est qu’à la fois j’ai choisi cette ville mais en même temps c’est le fruit du hasard. Je ne connaissais pas son existence avant de partir. Je savais que je voulais absolument partir une année à l’étranger au Royaume-Uni ou en Irlande et j’avais d’abord pensé à Dublin. J’y étais déjà allée une année auparavant pendant 2 semaines et je savais que j’appréciais beaucoup la ville. Puis en septembre 2014, alors que j’étais en train de constituer mon dossier, il y a eu une réunion d’information à la fac de droit de Strasbourg sur Aberdeen comme ville d’échange Erasmus. Une prof française enseignant là-bas et les deux étudiantes d’Aberdeen en échange à Strasbourg à ce moment sont venues présenter l’université. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais j’ai tout de suite été convaincue de partir là-bas. Je savais que j’aimais beaucoup l’Ecosse et la mentalité des écossais, et les photos du campus étaient juste magnifiques. En plus, il ne s’agit pas d’une capitale comme Dublin, avec beaucoup de monde et un peu étouffante mais d’une ville de taille moyenne comme Strasbourg. Du coup, c’était retrouver une certaine zone de confort tout en sautant dans l’inconnu. J’ai fait quelques recherches ensuite qui ne m’ont que plus convaincue de partir là-bas, je l’ai donc mise en premier dans ma liste de vœux des villes de départ. J’ai sauté de joie quand j’ai su que j’allais partir là-bas, c’était vraiment comme un rêve qui se réalisait alors même que je savais que très peu de la ville. Je ne l’ai absolument pas regretté, j’ai adoré Aberdeen et j’en garde vraiment un souvenir ému. J’aime beaucoup le terme « ville d’adoption » : elle m’a adoptée mais je l’ai aussi adoptée.

3/ As tu eu l’occasion de visiter d’autres endroits pendant cet échange et/ou de participer à des événements culturels locaux ? Si oui, racontes nous.

J’ai visité des châteaux écossais dans la région d’Aberdeen, notamment ceux de Dunnottar et Glamis (un must à faire si vous passez dans la région). Je suis également allée à Glasgow et à Edimbourg plusieurs fois, avec différents amis. Avec ma famille j’ai fait un tour de l’Ecosse pendant le mois d’avril en voiture. J’ai également visité quelques distilleries écossaises. Mais surtout, j’ai pu visiter deux fois l’île de Skye, et c’est sans hésiter les voyages les plus époustouflants que j’ai fait au Royaume-Uni. Des scènes de Seigneurs des Anneaux, Game of Thrones ou Harry Potter ont été tournées sur cette île. C’est vraiment des paysages pittoresques de bout du monde.

En matière d’événement culturel j’ai participé à deux soirées de Ceilidh (à prononcer « kay-lee »), qui est une danse écossaise folklorique où les écossais dansent en tenue traditionnelle (à comprendre que les hommes dansent en kilt). Je suis un vrai pied pour danser habituellement mais pour le coup je me suis vraiment éclatée les deux fois, c’était une expérience incroyable.

A côté de ça j’ai également pu participer aux associations de l’Université (nommées « societies » qui sont de véritables institutions au Royaume-Uni) et qui sont organisées autour de centre d’intérêts communs : il y a l’association de la photographie, des jeux vidéo, de danse, de voyages etc. Il y a même dans « societies » tournées autour des pays comme la « French » ou « German » society. Celle française organisait des dégustations de vin rouge et de fromage, c’était marrant.

4/ D’après toi, faut-il partir avec un bon niveau d’anglais ?

Personnellement, j’avais déjà un bon niveau d’anglais quand je suis partie, mais je ne pense pas que ce soit un must absolu. En fait c’est juste que c’est plus facile de s’acclimater aux changements lorsque l’on maîtrise déjà bien la langue du pays. Qu’on soit bon ou moins bon dans la langue il faut avoir un peu de débrouille et l’envie de s’intégrer et il n’y aura pas de problème, d’autant plus que les écossais sont extrêmement bienveillants et accueillants avec les étudiants internationaux. J’ai eu quelques difficultés le premier mois pour me faire à l’accent écossais (qui peut faire peur de prime abord) et à prendre des notes en anglais pour les cours mais rapidement je me suis sentie comme un poisson dans l’eau.

Néanmoins, l’Université de Strasbourg exigeait avant mon départ un certain niveau d’anglais (équivalent au niveau B2) pour partir, donc il ne faut pas oublier qu’un niveau minimal de langue peut être de toute façon requis par l’Université de départ voire d’accueil (mais ce n’est pas automatique).

5/ As tu trouvé le système éducatif de ton pays d’accueil différent de celui de ton pays ? Si oui, peux tu donner quelques exemples ?

Oui très ! De manière neutre, l’Université ne fonctionne déjà pas du tout pareil : les étudiants sont sélectionnés à la sortie du baccalauréat donc ils se retrouvent en effectifs réduits dès la première année, ce qui permet une ambiance de travail très différente de l’ambiance des facs françaises en première année, où l’on est un peu perdu dans la masse, et où le « tri » se fait d’année en année.

En revanche, le prix de l’année à l’Université est bien plus élevé, même pour les Universités publiques. La force de l’Ecosse c’est que l’entrée à l’Université est gratuite (comme en France) pour les écossais et les étudiants de l’UE (enfin ça c’était jusqu’au Brexit…), et seuls les anglais et les étudiants hors UE devaient s’acquitter des « tuitions fees ».

L’emploi du temps est extrêmement allégé également (je n’avais pas plus de 15h de cours par semaine) mais en revanche il fallait fournir beaucoup plus de travail personnel (Erasmus ce n’est pas forcément les vacances contrairement à ce que l’on pourrait penser). Les modalités de notation sont également différentes : ils notent en A,B,C,D etc. au lieu des traditionnelles notes sur /20 françaises.

De manière moins neutre, et je ne pense pas être très objective donc ce que je dis est à prendre avec des pincettes mais j’ai trouvé l’Université en Ecosse mille fois plus agréable à vivre qu’en France. Je trouve l’ambiance en fac de droit en France extrêmement anxiogène alors qu’au Royaume-Uni je me suis vraiment sentie accompagnée, et je trouvais tout le personnel toujours très bienveillant et compétent, que ce soit d’un point de vue administratif ou éducatif. Les profs sont très proches des étudiants, très à l’écoute, les relations sont beaucoup plus familières et décontractées qu’en France. J’ai passé une année incroyablement sereine, bien loin du stress habituel que je pouvais vivre à Strasbourg. Mais c’est peut être dû au prisme « Erasmus » qui rend tout plus agréable.

6/ Ton année à l’étranger a t’elle été un plus pour la suite de tes études et/ou ta recherche d’emploi ?

Je pense que mon année Erasmus m’a aidée en partie à décrocher mon Master 2 dans une Université parisienne dont la sélection était assez rude. En fait, au-delà de ça, mon année m’a même insufflé à la fois le choix du M2 et mon sujet de mémoire de recherche. J’ai choisi un M2 spécialisé en criminologie parce que j’avais développé une véritable passion pour celle-ci en l’étudiant à Aberdeen. Je n’aurais jamais eu cette opportunité si j’étais restée en France (en tout cas pas en L3). De la même manière, j’ai choisi comme sujet de mémoire les applications possibles des neurosciences en droit pénal parce que j’avais déjà traité de ce sujet dans une dissertation (ou un « essay ») en Ecosse, ça m’avait passionné, et je savais que la question avait été très peu exploitée en France.

Plus globalement, l’année Erasmus sur un CV démontre à mon sens une ouverture d’esprit et témoigne surtout d’un bon niveau de langue (j’étais quasiment bilingue à mon retour).

Professionnellement ça ne m’a pas encore servi directement mais tous les avantages indirects sont là : l’ouverture d’esprit, la confiance en soi, l’adaptabilité etc.

7/ Une anecdote à raconter sur ton échange ?

J’en ai même deux !

Je pense que c’est un peu un rêve pour tout le monde d’assister à un coucher ou lever de soleil sur la plage. Aberdeen étant sur la côte Est de l’Ecosse, j’ai pris mon courage à deux mains et accompagnée d’une amie, nous nous sommes levées exprès à 5h du matin pour pouvoir assister au lever du soleil directement sur l’océan. Par chance c’était un matin où le ciel était bien dégagé. Je ne peux même pas décrire l’émotion du moment, c’était vraiment magique. J’ai pris un certain nombre de photos et ce moment restera inoubliable.

La seconde anecdote ne concerne pas mon Erasmus mais la suite. J’ai passé beaucoup de temps à Strasbourg à mon retour à raconter mon expérience à qui voulait bien l’entendre pour essayer de motiver un maximum de personnes à partir. Par exemple, j’ai fait une intervention en amphithéâtre devant 200 étudiants pour raconter mon expérience (c’était très intimidant) et j’ai même un article du journal local alsacien (les DNA) qui m’a été consacré pour illustrer les bienfaits de l’expérience Erasmus. Aussi, Erasmus m’a poussée à m’investir dans l’ESN (Erasmus Student Network) qui est une association qui existe partout en Europe et qui a pour but d’accueillir les étudiants Erasmus et internationaux et de leur proposer une multitude d’événements, de soirées, de voyages pour les aider à s’intégrer. Figurez vous que c’est par le biais de cette association que j’ai rencontré Maëlys (l’auteur de ce blog) et Marion (qui a un article dédié à son expérience Erasmus également https://sacadosetcarteenmain.wordpress.com/2018/07/17/marion-erasmus-en-angleterre/), donc merci Erasmus ! Un échange permet de faire plein de rencontres, et ce, même une fois terminé !

8/ Un conseil à partager pour les éventuels intéressés ?

Partez ! Osez sortir de votre zone de confort. Un séjour à l’étranger, peu importe où, peu importe la durée, peu importe le cadre, même sans rapport avec les études, même une année purement sabbatique, est forcément formateur. Il ne faut pas absolument chercher à rentabiliser un séjour à l’étranger d’un point de vue professionnel ou universitaire, rien que le séjour en lui-même vous apportera infiniment d’un point de vue personnel. Ce n’est jamais du temps perdu. Ça vous forcera à vous ouvrir l’esprit, à faire des rencontres, à découvrir une nouvelle culture. C’est une expérience de vie extraordinaire, vous allez en apprendre beaucoup sur vous-même et sortir mûri et grandi. Mon année Erasmus a été ma meilleure année à la fac et m’a donné des centaines de souvenirs que je vais garder pour la vie.

Merci Laura pour ce superbe témoignage =)

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