Romain (volontariat écologique franco-allemand)

1/ Peux tu te présenter ? Pourquoi as tu choisi de faire un volontariat franco allemand ?

Je m’appelle Romain, j’ai 23 ans et je suis né au Havre, en Normandie. J’y ai aussi étudié l’anglais, passé un semestre à l’Université de Varsovie et obtenu ma licence à l’été 2017.

Au terme de mes études, j’ai ressenti le besoin de vivre une nouvelle expérience, en dehors des sentiers scolaires. Frustré par l’idée de m’enfoncer dans un cursus universitaire sans grande conviction, et galvanisé par mon premier séjour à l’étranger, j’ai décidé de repartir pour sortir à nouveau de ma zone de confort. Je suis un amoureux des langues, et je voulais aussi perfectionner ma maîtrise de l’allemand, que j’ai étudié depuis la 6ème en même temps que l’anglais et plus tard l’italien.

2/ As tu choisi le projet/le pays ou est ce que ce fut le fruit du hasard ? Peux tu parler des conditions pour participer et des démarches à faire ?

Tout a commencé par la recherche d’une mission de service civique. Ce dispositif d’engagement citoyen donne la possibilité à des jeunes de 18 à 25 ans d’accomplir une mission d’intérêt général au sein de différents organismes à but non-lucratif ou dans des collectivités, en France et à l’international. J’ai tout d’abord consulté les différentes offres, en privilégiant celles dans des pays étrangers. J’ai finalement arrêté mon choix sur le Volontariat Écologique Franco-Allemand. Le domaine de l’écologie m’intéressait depuis un moment – par pure curiosité intellectuelle et conviction politique – et j’avais aussi très envie de découvrir ce que cela pouvait donner dans la pratique.

J’ai donc entamé ma démarche de candidature, en commençant par envoyer une lettre de motivation à l’Agence du Service Civique. Dans ce genre de programme de volontariat, l’Agence ne se fait que le relais des offres d’autres organismes qui souhaitent recruter des volontaires. Le cas échéant, j’ai dû par la suite adresser une nouvelle candidature à l’association VEFA (Volontariat Écologique Franco-Allemand), qui se charge de l’envoi des volontaires dans d’autres structures d’accueil. Il m’a fallu ensuite écrire à nouveau plusieurs lettres de motivation en français et en allemand à chaque structure qui m’intéressait. L’une d’entre elles, la NABU (Naturschutzbund une des plus grandes associations de protection de la nature en Allemagne) m’a invité à faire un essai pendant 5 jours, et c’est finalement là-bas que j’ai effectué mon volontariat pendant un an.

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3/ Parles nous un peu de ton quotidien de volontaire ?

Ma mission à la NABU se décomposait en deux domaines d’intervention principaux :

– l’entretien de biotopes, qui consiste principalement en la taille, la tonte et le débroussaillage de végétaux dans des espaces naturels protégés, afin d’y maintenir ou d’y recréer un écosystème.

– l’éducation à l’environnement auprès des publics d’école primaire et de jardins d’enfants.

Mon quotidien était donc rythmé par ces activités, en particulier la première qui représentait à peu près 70% du travail, notamment en haute saison (d’avril jusqu’à octobre). Cependant j’ai eu la chance d’être sollicité pour plein d’autres tâches très variées, comme les vendanges, la récolte des pommes, la tenue de stands d’information sur les marchés…J’ai aussi participé à l’animation d’un échange franco-allemand entre deux écoles, qui a pris la forme d’une classe verte sur le thème du lynx (dont il existe une population dans le massif des Vosges, près de mon lieu de mission).

Le volontariat est aussi ponctué par quatre séminaires d’une semaine, qui ont lieu tous les trois mois dès le début de la période d’engagement. Il s’agit de moments où l’on peut se retrouver avec tous les volontaires [franco-allemands] participant au programme et échanger, faire un bilan des derniers mois, mais aussi découvrir des endroits insolites (nous avons par exemple été accueillis dans la Maison Oberlin, dont la construction fut le résultat du travail conjoint de la jeunesse européenne, perchée à 1000m d’altitude dans les Vosges.)

4/ D’après toi, faut-il partir avec un bon niveau d’allemand ?

Il n’y a pas de niveau minimum requis pour partir en volontariat franco-allemand. Cela dépend avant tout de la nature des missions et des exigences de la structure d’accueil. Pour ma part, le travail au sein de l’asso demandait beaucoup de communication au sein de l’équipe, qui aurait été difficile sans de bonnes bases en allemand. Mais il s’agit aussi d’une occasion d’apprendre et de s’améliorer, en étant exposé à la langue au quotidien. J’ai connu par exemple d’autres volontaires qui sont arrivés avec un très faible niveau, voire aucune notion d’allemand, et qui le parlent sans aucun effort aujourd’hui.

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5/ As tu connu quelques galères ? Au contraire, un souvenir mémorable à partager ?

J’ai connu un gros coup dur à la moitié de mon volontariat, lorsque le chauffage de la maison où j’habitais (là où l’asso avait aussi ses quartiers), a rendu l’âme en plein mois de février. C’était une très vieille maison de bergers dont la rénovation datait des années 80, et l’isolation était de piètre qualité. Autant vous dire qu’il a fait frisquet, et je me suis demandé combien de temps j’allais tenir avec mon micro poêle à pétrole et sans douche chaude…à côté de ça, une famille de souris a investi la maison, et j’ai pensé à quitter la maison, voire l’asso, mais toutes les problèmes ont pu être réglés.

A côté de ça, cette expérience m’a permis de vivre des moments exceptionnels, notamment en me donnant la possibilité de voir des animaux sauvages de très près. Un jour, en tondant une prairie avec mon collègue, nous avons découvert un marcassin abandonné sous un tas de feuillages. Il était à côté d’un autre marcassin, mort né. Nous ne savions pas si la mère était encore dans les parages, ce qui aurait pu être très dangereux car elle aurait pu nous charger si nous étions trop proches de son petit. Nous avons quitté les lieux et appelé les garde-chasse, mais heureusement la mère est revenue chercher le bébé sanglier, accompagnée du reste de la fratrie. Inoubliable !

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6/ As tu sympathisé avec des locaux ou rencontré d’autres étrangers durant ton séjour ?

Je me suis très bien entendu avec certains de mes voisins, et d’autres personnes du village gravitant autour de la vie de l’association. J’étais souvent invité à des barbecues, des fêtes de village ou à des dégustations de vin (le Palatinat, où je me trouvais, est une grande région viticole dans la continuité de la route des vins alsacienne).

J’ai aussi rencontré par le biais d’autres amis volontaires vivant à Landau (petite ville universitaire à 5km de mon village) plusieurs étudiants du coin, ainsi que d’autres venus de l’étranger (Espagne, Colombie, Singapour…).

7/As tu eu le temps de visiter un peu le pays ou les pays voisins ?

J’ai eu la chance de ne pas travailler les week-ends et de pouvoir prendre quelques vacances et grâce à l’OFAJ (Office Franco-Allemande de la Jeunesse), j’ai pu bénéficier de la Bahncard 25 (Carte Jeunes), ce qui m’a permis de voyager en train à coûts réduits dans toute l’Allemagne, et de visiter de nombreuses villes comme Erfurt, Dresde, Berlin, Münich, Mayence ou Trêves. Mais aussi de visiter d’autres pays frontaliers comme la République Tchèque, la Pologne ou encore l’Italie (en passant par l’Autriche).

8/ Que t’as apporté personnellement cette expérience ? Ton séjour à l’étranger a-t-il été un plus pour la suite de tes études et/ou ta recherche d’emploi ?

J’ai tout appris durant cette année. Dans la vie pratique, tout comme dans les relations interpersonnelles et interculturelles. Bien évidemment mon niveau d’allemand a fait un bond, mais j’ai aussi compris que, parler une langue, c’est plus que maîtriser un outil de communication. C’est aussi exprimer un univers culturel, une certaine éducation, ce qui m’a permis d’être beaucoup plus tolérant et compréhensif lorsque je me suis retrouvé face à des conflits ou des points de vue divergents. J’ai aussi complètement redécouvert mon lien avec la nature, je suis devenu plus attentif et conscient des bouleversements et aux risques auquel est exposé notre environnement.

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Je pense que ce genre d’expérience à l’étranger représente un avantage certain par la suite, cela démontre déjà une certaine capacité d’adaptation. La maîtrise d’une langue étrangère est aussi non-négligeable, ça m’a permis notamment de trouver un job étudiant en tant que professeur particulier d’allemand. Le fait de participer à ce programme de l’OFAJ m’a aussi permis de me faire des contacts et d’ouvrir des portes vers d’autres initiatives dans le domaine la coopération franco-allemande. Cette année j’ai pu notamment participer à une formation pour devenir animateur de rencontres franco-allemandes de jeunes.

9/ Et enfin, un conseil pour ceux qui aimeraient tenter l’aventure comme toi ?

Jetez-vous à l’eau, c’est une opportunité en or de vivre le dépaysement en vous immergeant dans une nouvelle culture, et vous ne ferez ce genre de boulot peut-être qu’une fois dans votre vie !

Mais surtout : ayez confiance en vos capacités. Tout le monde peut apprendre et se surpasser, même dans des domaines peu familiers voire handicapants (ce qui était mon cas au début). C’est sûrement la plus belle leçon que je peux tirer de cette année de volontariat.

Vous trouverez plus d’infos sur ce site.

Un grand merci à Romain pour son partage d’expérience =). 

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